UNE BELLE FIN (STILL LIFE)

affiche Une belle finFilm de Uberto Pasolini
(Comédie dramatique – Angleterre / Italie – 2015 – 1h27 – V.O.S.T.)
Avec: Eddie Marsan, Joanne Froggatt, Karen Drury …

Modeste fonctionnaire dans une banlieue de Londres, John May se passionne pour son travail. Quand une personne décède sans famille connue, c’est à lui de retrouver des proches. Malgré sa bonne volonté, il est toujours seul aux funérailles, à rédiger méticuleusement les éloges des disparus… Jusqu’au jour où atterrit sur son bureau un dossier qui va bouleverser sa vie : celui de Billy Stoke, son propre voisin.

« Uberto Pasolini, cinéaste inconnu en France, metteur en scène d’un obscur film inédit sur notre territoire Sri Lanka national hand ball team (2008), est surtout l’heureux producteur de Full Monty. Avec Une Belle Fin, il frappe d’un grand coup sur un sujet somme toute casse-gueule et inattendu, évoquant parfois Un illustre inconnu de Matthieu Delaporte. Il nous immisce ainsi dans la vie apparemment grisâtre d’un fonctionnaire londonien travaillant dans un service chargé de retrouver les proches de disparus sans familles apparentes. De cet homme solitaire, sans amis ni famille, nous n’apprenons que peu de choses, sinon qu’il semble vivre par procuration, feuilletant les albums des morts, assistant seul aux enterrements des défunts esseulés. Le protagoniste solitaire emplit son existence de toutes ces morts anonymes à qui la société contemporaine n’a pu offrir la consolation d’un accompagnement au seuil de leur ultime voyage. Viré sans ménagement par son supérieur hiérarchique pour cause de restriction budgétaire, nous suivons la dernière mission de John May, à la recherche de la fille de son voisin décédé. Plus qu’une coïncidence, cette mission va lui permettre de transcender ce qui n’aurait pu n’être qu’une histoire de transparence et de frustration, à l’image du film Un illustre inconnu. Le récit prend le cours des événement à rebours en tirant l’histoire du côté du conte. Ici pas de pathos mais une profonde empathie pour l’humain. Eddie Marsan contribue énormément à la réussite de cette entreprise funeste, admirable dans un rôle à contre-emploi des vilains qu’il jouait à répétition, notamment dans Gangs of New York de Scorsese, Hancock de Peter Berg, La disparition d’Alice Creed de J. Blakeson, ou encore dans Be Happy de Mike Leigh, où il prêtait ses traits à un moniteur d’auto-école acariâtre et frustré, à la négativité aux antipodes du personnage qu’il interprète dans Une Belle Fin. Grâce à un jeu tout en sobriété et en intériorité, l’acteur démontre l’étendu d’un talent d’exception, entièrement au service d’un personnage a priori terne qu’il joue, paradoxalement, avec incarnation.
Le film lorgne vers La vie fabuleuse d’Amélie Poulain de Jean Pierre Jeunet en s’aventurant sur les terres de la poésie et d’une certaine fantaisie, affirmant la promesse d’un moment de pur bonheur, tout en nous émouvant dans ce portrait brossé d’une société de la fracture où l’oubli guette. On en ressort serein, une fois éloigné des ressorts du psychodrame sordide d’un certain cinéma social britannique dont Uberto Pasolini a su se défausser pour élaborer le plus bel hymne à la vie. »
Marc Quaglieri – àVoir-àLire

Ce film est précédé du court métrage
NO BALL GAMES
Film de Richard Pengelley
(Fiction – Grande-Bretagne – 2012 – 07’00 – sans dialogue)

Un enfant désobéissant joue au ballon dans un lieu où c’est interdit. Lorsque son ballon passe par-dessus le mur, il se retrouve dans un monde où finissent les petits garçons comme lui.

Séances

Vernoux (espace culturel Louis Nodon)
samedi 16 mai à 21h
dimanche 17 mai à 18h
lundi 18 mai à 21h

Lamastre (centre culturel)
jeudi 14 mai à 21h
mardi 19 mai à 21h

Bande annonce

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