UNE SECONDE MÈRE

Affiche Une seconde mèreFilm de Anna Muylaert
(Comédie – Brésil – 2015 – 1h52 – V.O.S.T.)
Avec: Regina Casé, Michel Joelsas, Camila Márdila …

Depuis de longues années, Val travaille avec dévouement comme bonne dans une famille aisée de Sao Paolo. L’irruption de sa grande fille, qu’elle n’a pu élever, va bouleverser le quotidien tranquille de la maisonnée…

« Effet de mode ou simple coïncidence, les rares films qui nous parviennent du cinéma brésilien depuis quelques mois nouent un dialogue intrigant autour d’un même sujet : la fracture, sociale et ethnique, qui partage le pays entre sa bourgeoisie blanche et ses populations noires précaires. Sur l’air d’une fable souterrainement fantastique (Les Bruits de Recife de Kleber Mendonça Filho) ou d’une satire (Casa Grande de Fellipe Barbosa), tous dressent le portrait d’une société brésilienne inégalitaire, figée dans ses vieux rapports de classe et ses réflexes xénophobes. Quatrième long métrage de l’ancienne critique Anna Muylaert, et premier seulement à bénéficier d’une distribution française, Une seconde mère prolonge ce constat à la manière d’un feel-good movie aérien, mêlant la caresse de la comédie de mœurs au tranchant d’une critique sociale à l’acuité redoutable. Dans le décor unique d’une villa de São Paulo, le film suit le trajet de Val (Regina Casé, superstar de la télé brésilienne au flow burlesque charmeur), une femme de ménage qui travaille depuis plus de vingt ans sous les ordres d’une famille friquée et dysfonctionnelle, pour laquelle elle remplit les fonctions d’intendante, de confidente et de parent de substitution. Une vie de dévouement presque aveugle, bientôt contrariée par l’irruption dans le foyer de la fille de Val, ado sexy et émancipée qui va révéler à sa mère son état d’extrême servilité. Reprenant au Théorème de Pasolini le motif archiclassique de l’intrus-révélateur, Une seconde mère observe avec malice l’effondrement d’une illusion bourgeoise à travers une série de petits dérèglements absurdes, gênes, quiproquos, mesquineries, qui lèvent le voile grotesque d’un système d’exploitation sociale. Traité de morale à l’humeur étonnamment solaire, traversé ici et là de fulgurants accès d’ironie, le film esquisse un tableau désinhibé et rieur de la lutte des classes, qu’il appréhende comme une simple affaire de regards. Regard supérieur et concupiscent de ce riche propriétaire qui érotise les corps étrangers des favelas ; regard utilitaire de cette vieille bourgeoise qui déshumanise ses domestiques ; et regard enfin levé de Val, superbe héroïne résistante à laquelle le film offre un happy-end exaltant en forme de manifeste frondeur pour une insurrection des marges. »
Romain Blondeau – Les Inrocks

Ce film est précédé du court métrage
EN AOÛT
Film de Jenna Hasse
(Fiction – Suisse – 2014 – 09’00 – Sans dialogue)

Margaux, six ans, se réveille tôt en ce matin d’août. Elle s’approche de la fenêtre et voit son père ranger des objets et des cartons dans la voiture. Sa mère dort encore. Cette matinée d’été s’annonce particulière pour la petite fille qui s’apprête à vivre un moment important de sa vie.

Séances

Vernoux (espace culturel Louis Nodon)
samedi 25 juillet à 21h
dimanche 26 juillet à 18h
lundi 27 juillet à 21h

Lamastre (centre culturel)
mercredi 22 juillet à 21h
mardi 28 juillet à 21h

Bande annonce

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