WHITE GOD

affiche White DogFilm de Kornel Mundruczó
(Drame – Hongrie- 2014 – 1h59 – V.O.S.T.)
Avec: Zsófia Psotta, Sándor Zsótér, Lili Horváth
Film interdit aux moins de 12 ans
Prix Un Certain Regard – Cannes 2014

Pour favoriser les chiens de race, le gouvernement inflige à la population une lourde taxe sur les bâtards. Leurs propriétaires s’en débarrassent, les refuges sont surpeuplés. Lili, 13 ans, adore son chien Hagen, mais son père l’abandonne dans la rue. Tandis que Lili le cherche dans toute la ville, Hagen, livré à lui-même, découvre la cruauté des hommes. Il rejoint une bande de chiens errants prêts à fomenter une révolte contre les hommes. Leur vengeance sera sans pitié.

 » Bien des choses sont à dire et à écrire sur White God, dernier film du cinéaste hongrois Kornél Mundruczó. Récipiendaire du Grand Prix « Un certain regard » au festival de cannes 2014, ce film nous fait voir, d’un œil on ne peut plus sombre, les sociétés contemporaines, à-travers les destins parallèles d’une jeune adolescente et de son chien, dans une Budapest futuriste où les canins de races pures sont privilégiés aux croisés. Lili et son chien Hagen sont de vrais amis : inséparables, ils partagent tout et s’aiment de toutes leurs forces. Oui mais voilà : Hagen n’est pas un chien de race, les gens l’observent d’un air mauvais, le traitent de bâtard, l’accusent de mordre, d’être un sauvage, et la police exige du père de Lili qu’il paye la taxe imposée par le gouvernement, sous peine de se voir confisquer l’animal en question. Pour ne pas s’acquitter de l’impôt, l’homme abandonne Hagen sur le bord de la chaussée, sous les yeux éplorés de sa fille. C’est ainsi que la pauvre bête se retrouve livrée à elle-même dans un environnement sale et hostile où d’autres chiens, aussi, se démènent pour survivre. Pour tenter, comme disait Zola, de mettre « la vérité sous la grande lumière du soleil », Mundruczó prend le parti radical d’une mise en scène crue, violente, à la photographie dominée par une lumière jaunâtre et maladive, et portée par la sublime et tempétueuse Rhapsodie hongroise n°2 de Liszt. La violence en question atteint son apogée lorsque Hagen, vendu par un clochard à un trafiquant, se voit être entraîné, dressé, vidé de tout amour et de toute docilité, pour livrer de sanglants combats contre les autres chiens de la rue. Cette aliénation achèvera de le monter contre les hommes. White God est revendiqué par son auteur comme un film très engagé, se voulant une illustration allégorique de l’existence difficile des minorités opprimées au sein des communautés européennes. Au-delà de la simple expérience cinématographique, le film s’étend donc au débat politique, mais surtout social et anthropologique, évitant soigneusement les pièges de la démagogie grâce à la figure animale, comme le firent avant lui, en littérature, Camus, avec La Peste ou Ionesco avec Rhinocéros pour fustiger les régimes totalitaires qui gangrénèrent l’Europe de la première moitié du XXe siècle. « Je voulais, dit le réalisateur, aborder ce sujet en toute liberté, avec le moins d’entraves et de tabous possible ». Pari réussi pour le cinéaste, qui a su faire preuve, à-travers les destins de tous ses personnages, d’un puissant idéal, et dont le travail, ici, ne devrait pas être perçu comme une énième œuvre cédant trop facilement au développement de lieux communs faussement moralisateurs, mais bien plutôt comme une métaphore funeste de l’humanité, chargée d’altruisme et de pacifisme. »
Arthur Champilou – àVoir – àLire

Ce film est précédé du court métrage
PANDY
Film de Matus Vizar
(Animation – Slovaquie – 2013 – 11’28 – sans dialogue)

Ils sont le produit de millions de générations précédentes et doivent pourtant se débrouiller tout seuls dans la forêt. Un jour, un primate bien trop actif, l’être humain, les trouve et ils deviennent vite une source de jeu pour l’homme.

Séances

Vernoux (espace culturel Louis Nodon)
samedi 03 janvier à 21h
dimanche 04 janvier à 17h
lundi 05 janvier à 20h30

Lamastre (centre culturel)
vendredi 02 janvier à 21h
mardi 06 janvier à 20h30

Chalencon (salle polyvalente)
dimanche 04 janvier à 20h30

Bande annonce

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