PAULETTE

affiche PauletteFilm de Jérôme Enrico
(Comédie – France – 2013 – 1h27)
Avec : Bernadette Lafont, Carmen Maura, Dominique Lavanant …

Paulette vit seule dans une cité HLM de la banlieue parisienne. Avec sa maigre retraite, elle n’arrive plus à joindre les deux bouts. Lorsqu’un soir elle assiste à un curieux trafic en bas de son immeuble, Paulette y voit le signe du destin. Elle décide de se lancer dans la vente de cannabis. Après tout, pourquoi pas elle ? Paulette était pâtissière autrefois. Son don pour le commerce et ses talents de cuisinière sont autant d’atouts pour trouver des solutions originales dans l’exercice de sa nouvelle activité. Mais on ne s’improvise pas dealer ! Cette impayable comédie française à l’italienne offre à Bernadette Lafont un de ses rôles les plus jubilatoires dans ce qui est aussi une fine étude sur le mal de nos banlieues. Ce deuxième film de Jérôme Enrico frappe en plein mille. S’il y a bien une leçon à tirer d’Ettore Scola, telle qu’on la trouve dans Affreux, sales et méchants en particulier, mais plus largement dans les meilleures comédies italiennes de l’après-guerre, leçon au demeurant issue de Chaplin, c’est que plus les personnages sont dans la mouise, plus ils doivent faire preuve d’ingéniosité pour simplement survivre ; plus le film est noir, ce qui ne veut pas dire désespéré, plus la comédie a de chances d’être réussie. C’est cette leçon qu’a faite sienne Jérôme Enrico dans ce film. Nous sommes dans une cité ouvrière au nord de Paris, un de ces lieux archétypaux, là où un précipité d’humanité déchue fait son quotidien des ascenseurs en panne, des graffitis obscènes dans les escaliers, des boîtes aux lettres défoncées et des odeurs d’urine dans les parties communes. C’est là que vit Paulette, excellente pâtissière qui a connu des jours meilleurs. Mais voilà, son mari trop porté sur la bouteille est passé de vie à trépas et elle n’a pu que vendre leur précieux fonds de commerce à des « Jaunes ». De quoi avoir achevé de la rendre raciste, d’autant plus que la chair de sa chair a fini encloquée par un Noir, entré dans la police, de surcroît. Autant dire que Paulette méprise son gendre alors que les dealers font la loi dans la cité du haut de leur arrogance sans bornes. Pauvre femme, dans les deux sens du terme. Même son brave confesseur, sommet d’humanité bien comprise, est black. Ne lui reste en fait pour occuper ses jours que le trio de copines avec qui elle tape le carton au café, dont une si borderline que les autres l’ont surnommée Alzheimer. Comment Paulette pourra-t-elle subvenir à ses besoins ? En faisant comme les autres, bien sûr. De surcroît, qui pourrait soupçonner de trafic de shit une petite vieille acariâtre propre sur elle ? À cette jolie histoire inspirée d’un fait réel, il fallait une comédienne capable de porter l’emploi. C’est Bernadette Lafont qui se fond dans ce rôle-titre avec un bagout, un peps, une énergie bien à elle. La comédie italienne, ici francisée et mise au goût du jour, explose alors de tous ses feux.

Ce film est précédé du court métrage:

MAUX CROISÉS
Film de Catherine Cayre & Martin Fournier
(Fiction – France – 2013 – 15′47 »)

Quinze minutes pour se dire adieu… Un film sur l’amour et la liberté. Un film ardéchois avec Nicolas Thé, célèbre musicien originaire de Colombier le Vieux, dont c’est le premier rôle. Catherine Cayre, la réalisatrice, et Nicolas Thé, serons présent lors de la projection de ce court métrage à Colombier le Vieux, pour un échange sur cette expérience cinématographique.

Colombier le Vieux (salle des fêtes)
vendredi 31 mai à 21h

Lamastre (centre culturel)
dimanche 09 juin à 17h (séance gratuite offerte par la municipalité de Lamastre)

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