MISS HOKUSAI

miss-hokusaiFilm de Keiichi Hara
Animation – Japon – 2015 – 1h33 – VF
A partir de 9 ans

Pour raconter cette histoire forte et touchante, Keiichi Hara (« Colorful ») utilise magistralement les ressources de l’animation, tout en décrivant, avec une précision documentaire, la vie quotidienne des Japonais au début du XIXe siècle. 
Première

En adaptant l’une des œuvres les plus célèbres de Hinako Sugiura, Keiichi Hara révèle une histoire vraie, méconnue et passionnante, d’imposture artistique (comment Hokusai s’appropriait les œuvres de sa fille en les signant).  
TF1 News

SYNOPSIS

En 1814, HOKUSAI est un peintre reconnu de tout le Japon. Il réside avec sa fille O-Ei dans la ville d’EDO (l’actuelle TOKYO), enfermés la plupart du temps dans leur étrange atelier aux allures de taudis. Le « fou du dessin », comme il se plaisait lui-même à se nommer et sa fille réalisent à quatre mains des œuvres aujourd’hui célèbres dans le monde entier. O-Ei, jeune femme indépendante et éprise de liberté, contribue dans l’ombre de son père à cette incroyable saga artistique.

CRITIQUE

Le plus célèbre peintre nippon, Katsushika Hokusai (1760-1849), étant l’inventeur du mot “manga”, il est assez légitime qu’un anime (tiré d’un manga) lui rende hommage. Fort heureusement, ce dessin animé en costumes n’a rien d’un biopic à l’américaine. D’ailleurs, comme le titre l’indique, il est essentiellement consacré à l’une des filles de l’artiste, nommée O-Ei, qui, comme le montre le film, serait l’auteur de certaines œuvres attribuées à son père génial et fantasque – mondialement connu pour son estampe La Grande Vague de Kanagawa. Mais la dimension biographique reste subsidiaire pour Keiichi Hara. S’il ne prend pas l’œuvre du peintre à la légère, et s’attache à dépeindre avec une précision documentaire la vie quotidienne à Edo (ancien nom de Tokyo) au début du XIXe siècle, son film vise avant tout à décrire des rapports humains simples. En particulier les interactions parfois mouvementées d’O-Ei avec son entourage, dont son père, avec lequel elle vit. Mais celui-ci, peu expansif, reste à l’arrière-plan. Sans être totalement enfantin, le film traite sur un mode presque comique les rapports entre personnages. D’un autre côté, il est assez explicite en évoquant la proximité des peintres avec les prostituées de l’époque (à l’instar des artistes français du XIXe siècle). Et si Miss Hokusai restera vieille fille, malgré les divers flirts dont elle sera l’objet, on assiste tout de même à son apprentissage du sexe, sur un mode toujours ludique, avec un travesti dans un bordel. Évidemment, cela reste très soft (on n’est pas dans L’Empire des sens). D’autre part, comme dans Colorful, précédent film du cinéaste situé dans un cadre lycéen très contemporain, des envolées oniriques permettent de décoller du simple naturalisme. Cela étant d’ailleurs au diapason de l’éclectisme absolu d’Hokusai, peintre aussi bien contemplatif qu’érotique, et féru de fantastique. En sus, le film effectue de touchantes incursions dans le mélo avec le personnage de la petite sœur aveugle d’O-Ei. Ce récit discontinu, sans intrigue centrale, sans résolution ni grand morceau de bravoure, se termine en points de suspension. Ses ruptures et oppositions constantes contribuent à son émiettement. Mais témoignent de la délicatesse et de la transversalité d’un récit, où, malgré les apparences, le contemplatif prend le pas sur l’humain. Cela contribue au charme prenant de cette œuvre anti-romantique sur l’art qui ne met pas les points sur les i et préfère l’allusion et l’illusion aux affres lyriques de la création.
Les Inrockuptibles

SÉANCES

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